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La porte ensablée

(Extrait de la nouvelle)

La porte ensablée

Cette nouvelle a reçu la première mention dans la section “Contes”, au concours International Littéraire de Bordeaux, en 2001 – organisé par ARTS ET LETTRES DE FRANCE.

Puis, brusquement, je fus plongée dans l’obscurité. Mon cœur, saisi d’effroi, s’arrêta de battre un court instant, puis se déchaîna dans ma poitrine, jusqu’à m’en couper la respiration. Le mieux était de se calmer, de réfléchir. Voilà, réfléchir. Surtout ne pas paniquer, pensais-je.

Où pouvais-je bien être maintenant ? Quelle était la dernière image qui m’ait frappée, avant cette soudaine cécité ? J’y suis : Ce satané serpent à deux têtes bien sûr. J’aurais du être plus prudente. Pourtant, je l’avais bien vu en marchant sur cette poutrelle prête à craquer tant elle était vieille…

La tablette de chocolat

(Extrait de la nouvelle)

La tablette de chocolat

Ça faisait longtemps que mes amis Isabelle et Eric me proposaient de passer quelques jours dans leur ferme en Normandie. Finalement, j’y suis allée ce week-end.

Accueillie comme toujours, à bras ouverts, Isa me laissa à peine le temps de poser mes affaires dans la chambre qui m’était réservée, mourant d’envie de me faire faire le tour du propriétaire.

En entrant dans la cuisine, elle aurait aimé que je m’émerveille par tout ce qui à l’intérieur ne représentait que chaleur, douceur et confort. De superbes poutres au plafond, de grandes bassines et divers ustensiles en cuivre et en étain trônaient çà et là, sur les plans de travail ou suspendus au-dessus. Le carrelage couleur fauve et une immense table en bois entourée de dix chaises de la même matière, ne pouvaient pas non plus passer inaperçus.

Cependant, au lieu de ça, mon regard fut immédiatement attiré par une énorme tablette de chocolat au lait et aux noisettes, posée – comme par le plus grand des hasards – sur cette superbe table. A mon grand désespoir, je ne pouvais pas y toucher, car, elle n’était malheureusement pas à moi.

Mon envie de cacao fut à ce moment, trop forte. Alors, je me suis imaginée – à défaut de pouvoir le faire réellement – en train de goûter, de savourer cette tablette. Mon nez était à quelques millimètres de l’horrible tentation. Je sentais cet arôme insolemment titiller mes narines. Je respirais à fond cette odeur mélangée aux autres parfums environnants.

Soudain, ça me monta au cerveau aussi vite qu’un puissant anesthésiant. Je me suis sentie entourée, imprégnée de chocolat ; tellement imprégnée que je sentais autour de moi les morceaux de noisettes se presser contre mon nez. Je dégageais l’une d’elles qui commençait à m’empêcher de respirer. J’écartais avec mes mains cette délicieuse boue chocolatée…